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Technique
FONGICIDES

Quand Le Froid N'est Pas Là, Les Soucis Dansent ?


À la sortie d’un hiver franchement radin, la vigilance s’impose sur le front de la protection des cultures. L’inoculum est bien présent, et si rien ne laisse présager de la virulence des attaques, mieux vaut se tenir prêt au coup de feu.


Le froid hivernal permet, année après année, de remettre les compteurs à zéro pour attaquer le printemps du bon pied. Mais cette fois-ci, la douceur s’est voulue exceptionnelle et janvier 2007 se situe au deuxième rang des mois de janvier les plus chauds sur la période 1950-2007. À la mi-février, le cumul de températures affichait déjà un mois d'avance ! Pour les champignons, la douceur hivernale peut être synonyme de festin à la reprise des hostilités. Responsable du pôle lutte contre les maladies chez Arvalis, Claude Maumené se veut néanmoins rassurant : « Des hivers doux, nous en avons déjà connus. Cela favorise les maladies qui vont pouvoir s'installer plus tôt et constituer une sorte de pied de cuve, mais cela ne présage en rien des attaques qui dépendront des conditions au printemps », explique-t-il. D'autant que la santé des cultures au moment de l'attaque est déterminante et que l'implantation se veut particulièrement favorable cette année. « Nous assistons à un développement du complexe maladies dans un contexte de prix où l'agriculteur est incité à aller chercher les derniers quintaux », confirme Dominique Hazouard, responsable du pôle céréales chez BASF.


ROUILLE BRUNE ET PIÉTIN VERSE POIREAUTENT


« À la mi-février, la pression de septoriose est importante sur les semis précoces et tardifs. Après plusieurs saisons où la rouille brune avait été peu présente, le niveau d’inoculum s’avère important cette année. Des pustules de rouille brune ont déjà été observées durant l’hiver et sont toujours présentes, notamment sur la façade ouest. », note Dominique Hazouard. Pour Arvalis, ce n’est pas une surprise : le champignon peut effectuer d’autant plus de cycles que l’hiver est doux. L’inoculum est donc bien là mais les attaques dépendront d’abord de l’hygrométrie au printemps. « Pour le piétin verse, nous nous trouvons dans une année favorable avec un risque supérieur à la moyenne, mais pas exceptionnel. Attention donc aux parcelles à risque avec un retour rapide du blé », prévient Claude Maumené. « La vigilance s’impose, afin de pouvoir réussir au mieux la première intervention fongicide aussi bien pour assurer une protection du pied dans les situations le nécessitant mais aussi pour un bon contrôle des pathogènes des feuilles dès le T1 », ajoute Dominique Hazouard. Le colza fait quant à lui déjà les frais de la douceur hivernale puisque la société Belchim Crop Protection notait fin février des attaques de sclérotinia précoce sur collet. « Cette attaque précoce est due à un automne excessivement doux et humide. Les sclérotes du sol ont été altérés sans subir de vernalisation (période de froid) et émettent donc immédiatement du mycélium pour réagir », note la société. Les principales zones de culture du colza sont touchées notamment l’Ouest, le Centre et la grande région Est. Le printemps 2007 s’ouvre donc sous le signe de la vigilance pour veiller au mieux sur des cultures dont la valeur promet d’en mériter la chandelle.


Benjamin Masson





Mis en ligne le 16-03-2007 - Paru dans Le M.A.G. Cultures N°33   
 
 
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MAÏS : SÉSAMIE QUI RIT, PYRALE NORMALE

Les ravageurs du maïs sont plus ou moins sensibles au froid. Tropicale, la sésamie craint les températures inférieures à - 12° C. Et cette année pourrait bien lui plaire : « Si nous n’avions pas un froid brutal, cela pourrait justifier l’utilisation de variétés Bt », assure Bernard Naïbo, spécialiste des ravageurs du maïs chez Arvalis. Si le hachage et l’enfouissement des résidus de récolte n’ont pas suffi à réduire les populations, il est nécessaire de cogner rapidement la première génération de chenilles à l’échelle d’un bassin de production. Car une fois l’insecte caché dans la tige, la lutte devient moins équitable. Quant à la pyrale, elle résiste parfaitement au froid, à condition d’avoir atteint son dernier stade larvaire. Cet hiver ne devrait donc pas changer profondément la donne, d’autant que l’insecte dépend autant de la température que de la photopériode. Un hiver doux n’est donc pas synonyme d’invasion de pyrales.


   
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