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Décryptage
AGROPARISTECH

La Plus Grande École De Sciences Et Technologies Du Vivant Est Française !


Le 1er janvier, trois écoles se sont alliées pour former AgroParis- Tech, un Institut des Sciences et des Industries du Vivant et de l’Environnement. A l’heure où se posent les questions sur l’investissement vers l’agriculture ou la recherche, ce nouvel interlocuteur de référence au niveau européen en matière de sciences du vivant va former les ingénieurs de demain.


Les ingénieurs de demain devront faire face à de multiples enjeux. En pleine mondialisation, il leur faudra concilier croissance économique et protection sociale tout en préservant la biodiversité. C’est dans le but de les y préparer qu’AgroParisTech a vu le jour, issu de la fusion de trois établissements : l’École nationale supérieure des instituts agricoles et alimentaires (Ensia), l’Institut national agronomique de Paris-Grignon (Ina P-G) et l’École nationale du génie rural, des eaux et forêts (Engref). Toutes ces écoles sont des institutions d’enseignement supérieur et de recherche sous tutelle du ministère de l’Agriculture. Les deux premières ont fait beaucoup pour le développement des secteurs agro-alimentaire et agricole de ces dernières décennies, quant à l’Engref, elle a mis en oeuvre une ingénierie publique et privée visant à valoriser durablement les ressources et les milieux. Leur association s’inscrit dans le cadre de deux autres alliances. D’abord, la mise en place de pôles de compétences régionaux souhaités par le ministre de l’Agriculture – les pôles en sciences et technologies du vivant et de l’environnement –, ensuite un regroupement de onze écoles d’ingénieurs de la région parisienne : ParisTech. En couvrant l’ensemble des sciences et techniques de l’ingénieur, ParisTech s'affirme comme un institut de dimension internationale. En choisissant pour nom AgroParisTech, le nouvel établissement marque son engagement.


BESOINS POINTÉS


Le regroupement de ces trois établissements va permettre de couvrir efficacement les domaines des ressources agricoles et forestières, de l’environnement, de la transformation agro-industrielle, des biotechnologies, de la distribution et des services accompagnant l’acte de production et de commercialisation. L’alimentation des hommes et les préoccupations nutritionnelles, la santé, la prévention des risques sanitaires, la protection de l’environnement, la gestion durable des ressources naturelles et la valorisation des territoires seront donc au coeur des formations. Yves- Thibault Silguy, jusqu’ici président du conseil d’administration de l’Ina P-G et aujourd’hui président de celui d’AgroParisTech, se réjouit de cette nouvelle alliance. « Cette synergie va faire de nous l’interlocuteur de référence pour tout ce qui concerne les sciences du vivant ». En s’alliant, les trois écoles s’offrent une visibilité internationale. En effet, à elles trois, elles représentent 2 000 étudiants dont 500 doctorants, 200 enseignants-chercheurs et 300 chercheurs, répartis dans une trentaine d’unités de recherche. Ces chiffres font d’AgroParisTech la plus grande école européenne de sciences et technologies du vivant. Pour Yves- Thibault de Silguy, cette nouvelle visibilité était indispensable pour devenir attractif. « La mondialisation fait que le système de formation français est mis en compétition avec d’autres. Il faut donc lui donner une visibilité suffisante. En créant AgroParisTech, nous avons prouvé notre capacité d’adaptation. » Ainsi, la direction espère que ces effectifs compteront bientôt 25 % d’étudiants étrangers.


FORMATIONS CIBLÉES


La nouvelle école mise beaucoup sur l’apprentissage. L’Ina P-G a été précurseur en la matière en créant en 1995 une voie de formation par apprentissage. Aujourd’hui, ils sont 270 à avoir choisi cette voie, soit environ 15 % des promotions. AgroParisTech compte étendre cette possibilité aux étudiants du cursus industries agricoles et alimentaires dès la rentrée 2007 (sous réserve de l’obtention des habilitations ministérielles). Le nouvel établissement va également mettre en place différentes formations continues. Yves-Thibault Silguy développe l'idée : « un cadre qui sortira d’AgroParisTech dans trois ans sera susceptible d’y revenir dans six. Il faut s’adapter aux attentes du milieu professionnel en permanence. » Au départ, les formations de master et de doctorat, les cursus de formation d’ingénieur des trois écoles d’origine (ingénieur agronome à vocation généraliste, ingénieur des industries agricoles et alimentaires, ingénieur forestier, ingénieur du Gref) seront maintenus tels quels. Pour la suite, l’école a créé un comité d’analyses stratégiques qui lui permettra d’adapter ses formations en fonction des demandes émergeant du monde du travail. Concernant la filière d'ingénieurs agricoles et alimentaires, Gilles Trystram, nouveau délégué du directeur général sur le site de Massy et anciennement directeur de l’Ensia, promet que la partie agricole de la formation va être développée. Elle avait été un peu mise de côté depuis quelques années, mais de nouvelles demandes la remettent à l’ordre du jour. Il faudra par exemple former de nouveaux ingénieurs au secteur de la sucrerie pour répondre aux nouveaux besoins en matière de biocarburants. En sortant de l’école, les étudiants devront être capables de comprendre les enjeux de ce domaine et d'y développer des stratégies. Gilles Trystram pense que d’autres filières du domaine agricole seront également développées, voire créées. Mais, pour l’instant, aucune décision n’a été encore arrêtéeAgroParisTech devra donc rester en permanence à l’écoute du milieu professionnel, pour que ces formations collent au plus près de ses attentes.


Sophie Distel





Mis en ligne le 25-01-2007 - Paru dans Le M.A.G. Cultures N°30   
 
 
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