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A chaud
BLOC NOTES
L’Agriculture Tiraillée
L’enjeu alimentaire n’a cessé de croître tout au long du XXe siècle, que les crises trouvent leurs sources dans les problèmes politiques, techniques ou écologiques. Pour se prémunir de ces deux derniers, une meilleure compréhension des sols; comme des pollinisateurs s’impose.
Une ressource « sol » à redécouvrir
Après l’air et l’eau, le sol pourrait être l’objet de polémiques et de conflits d’usage. La Commission de Bruxelles s’en préoccupe avec l’élaboration d’une directive qui a du mal à voir le jour, car il semble difficile de trouver un consensus entre les pays membres. Dommage : le sol permet de stocker du CO2 et de l’eau. Il abrite le plus grand réservoir de biodiversité, même si elle n’est pas toujours visible. Mais c’est une ressource fragile, difficilement renouvelable, directement affectée par le changement climatique et concurrencée par l’urbanisation. Alors, faut-il sacraliser cette ressource ? Les agriculteurs ont tout intérêt à anticiper, dans ce domaine, les évolutions de la PAC à l’horizon 2013 liées à l’éco-conditionnalité. Car l’agriculture doit rester une activité économique à part entière au même titre que ses nouvelles fonctions sociales, environnementales et territoriales, mais en privilégiant les incitations et des démarches volontaires plutôt que par des obligations réglementaires.
Mobilisation pour l’apiculture
L’organisation mondiale de la santé animale (OIE) s’inquiète de la décroissance alarmante des colonies d’abeilles dans le monde avec ses conséquences néfastes sur la pollinisation de nombreuses espèces végétales. C’est aussi l’une des conséquences de la globalisation et du manque de précaution des apiculteurs dans les échanges de géniteurs véhiculant des parasites, virus, bactéries et autres pathogènes agressifs. La France, à l’initiative de Michel Barnier, a réagi en réunissant début janvier tous les acteurs concernés par ce problème. Une feuille de route a été défi nie qui doit déboucher dans les trois mois sur la création d’un institut technique de l’apiculture, puis la mise en place d’une formation supérieure ad hoc et surtout sur la constitution d’une interprofession dans un climat apaisé. Car il existe de nouvelles perspectives de débouchés : le miel est riche en antioxydants susceptibles de remplacer certains additifs alimentaires selon une étude de l’université de l’Illinois aux États-Unis.
Record de famines au XXe siècle
Les famines du XIXe siècle ont beaucoup fait parler d’elles. La famine irlandaise, née d’une catastrophe écologique (maladie de la pomme de terre) et de l’irresponsabilité des autorités britanniques, la famine en Algérie (1867-68), les hécatombes tropicales (1876 à 1903) qui ont occasionné des dizaines de millions de morts en Asie, Afrique, Amérique du Sud et même en Océanie et accentué le fossé Nord-Sud en matière de développement économique. Dans son livre, « Ces famines qui ont bouleversé notre monde », le géographe Etienne Thévenin démontre que les famines sont le plus souvent dues à des mécanismes politiques, économiques et sociaux. C’est ainsi qu’au XXe siècle elles sont devenues encore plus redoutables que dans le passé. Famines staliniennes des années 30, surtout en Ukraine, qui ont éliminé des millions de paysans. Terribles famines consécutives au « Grand bond en avant de Mao Ze Dong » qui aurait fait de 30 à 50 millions de morts… Malgré tous les efforts de la FAO et de la politique d’aide alimentaire, près d’un milliard de personnes souffrent encore de malnutrition faute de pouvoir se procurer des vivres. Un sacré défi pour les agriculteurs du XXIe siècle.
Jean-François Colomer
Mis en ligne le 06-02-2009 - Paru dans Le M.A.G. Cultures N°58 |
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