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Dossier
Vers Un Syndrome Ogm ?


1er juin 2006, l’inauguration du Minatec à Grenoble, pôle à vocation européenne sur les nanotechnologies, suscite une levée de bouclier. écologistes, mouvements d’extrême- gauche, libertaires… Les opposants aux nanotechnologies se confondent avec ceux qui luttent contre l’énergie nucléaire ou les OGM. Regroupés au sein de l’Opposition grenobloise aux « nécrotechnologies », ils considèrent que les nanotechnologies représentent une « dérive totalitaire » dans la mesure où elles « rendent possibles de nouveaux outils de contrôle social d’une puissance inégalée dans l’histoire humaine : vidéosurveillance invisible, nanopuces lisibles à distance (RFID) ou implantables sous la peau, biométrie… ». Ils dénoncent aussi la possible utilisation militaire des nanotechnologies : la Direction générale pour l’Armement est l’un des partenaires du Minatec. Le fait que le pôle soit contrôlé par les chercheurs du Commissariat à l’Energie Atomique ne facilite pas l’acceptation de ces nouvelles technologies… L’opposition virulente qui a accompagné la naissance du Minatec s’est soldée par plusieurs interpellations. Le 20 novembre, le tribunal correctionnel de Grenoble a finalement relaxé deux des manifestants, poursuivis pour « participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser ».


« Nous craignons qu’une sorte de syndrome OGM ne s’empare des nanotechnologies », affirme Claude Saunier, sénateur (PS) des Côtes-d’Armor, qui suit le dossier des nanotechnologies au sein de l’Office parlementaire des choix scientifiques et techniques. Outre le « flicage » qu’ils dénoncent, les opposants aux nanotechnologies soulèvent aussi la question de leur impact sanitaire, en les qualifiant « d’amiante-bis ». Sur ce point, le ministère de l’écologie et du développement durable avait demandé dès décembre 2004 un avis à son comité de prévention et de précaution. Ce dernier a rendu en juillet dernier un avis prudent. « Il existe de multiples arguments convergents obtenus à partir des diverses approches expérimentales pour affirmer l’existence d’une réactivité biologique particulière des nanoparticules. Celle-ci est liée probablement à la grande réactivité chimique de surface en rapport avec la très petite taille de ces particules. Les nanoparticules peuvent donc représenter un danger pour l’homme. Néanmoins il n’existe pas actuellement suffisamment de données ni de méthodologies adaptées pour évaluer les risques pour la santé de l’homme », affirmait la note du ministère. Ce dernier recommande un recensement des nanoparticules, la production de nouvelles connaissances et l’adoption dès à présent de mesures de précaution. Des recommandations qui vont dans le même sens qu’un avis rendu récemment par le comité d’éthique du CNRS.





Mis en ligne le 07-12-2006 - Paru dans Le M.A.G. Cultures N°27   
 
 
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