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Dossier
La Jeune Garde


Pas forcément révolutionnaires, mais résolument volontaires.


Vincent Gitz et Judith Jiguet : les forces vives


« Un ministère ? C’est là qu’on fait changer les choses ». Vincent Gitz, 34 ans, est passé de l’autre côté de la caméra. Ce polytechnicien, docteur en sciences de l’environnement, ingénieur du génie rural et titulaire d’un DEA d’économie (n’en jetez plus !) a quitté sa vie de chercheur pour rejoindre Michel Barnier au cabinet du ministre, en juillet dernier. Passé du Cired au Cirad, deux laboratoires de recherche à la pointe des questions climatiques et agricoles, il s’est interessé à un domaine encore méconnu : la séquestration du carbone par les végétaux. Il est désormais un influent conseiller, chargé du développement durable et de la recherche.

A 35 ans, Judith Jiguet, connait bien son sujet. Ingénieur du génie rural, cette jeune femme a travaillé avec Dominique Bussereau quand il détenait le porte-feuille de l’agriculture, avant de partir dans le privé, chez Véolia. Les “deux michel” l’ont poussé à revenir au cabinet, confie-t-elle. Michel Barnier qu’elle juge “courageux”, et Michel Cadot, “le pilier solide”, directeur du cabinet. Désormais son adjointe, elle joue le rôle de celle qui ose, qui pousse au changement. C’est elle qui doit formuler les projets de ce mandat, et gérer le virage de l’après 2013. “L’agriculture, c’est un monde particulier de la négociation, marqué par un fort côté affectif” avoue-t-elle, conquise et diplomate.


Laurent Klein : l’agriculteur total


Installé près de Strasbourg, Laurent Klein, 39 ans, est un agriculteur total. Production, transformation, commercialisation, il a tout intégré au sein de la ferme, qu’il exploite avec frère et soeur. Porcs, volailles, lait ou viande sont transformés sur place et vendus en magasin… au milieu de l’exploitation. Fantaisie ? Pas vraiment, 600 personnes se bousculent dans la boutique chaque semaine et l’exploitation (68 hectares) dégage plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires ! D’autres magasins en franchise sont en projet. Technicien agricole, le personnage, qui lit « Le Monde » tous les matins, est aussi titulaire d’un 3e cycle en gestion-finances. C’est un chef d’entreprise qui s’intéresse à la compétitivité au sein de la SAF où il est administrateur et un environnementaliste convaincu : « Il faut penser global pour agir local », assure-t-il.


Olivier Bertrand : journaliste des filières


Il a fait ses classes de journaliste à Bruxelles dans une newsletter consacrée à l’environnement, avant de rejoindre Agra Presse. Olivier Bertrand est un soutier de l’information, perfectionniste et volontaire. À 33 ans, il dirige Agra Valor, le seul mensuel français consacré aux débouchés agricoles non alimentaires. « L’agriculture est face à de nouveaux défis. En arrivant sur des marchés comme celui de l’énergie ou des biomatériaux, l’agriculture s’est ouvert de nouvelles possibilités de développement économique avec des intérêts environnementaux ». Son rêve ? Devoir doubler sa pagination tant le nombre de filières de valorisation aura augmenté !


Thierry Gainié et Brittia Guiriec : bretons numériques


Amoureux de la Bretagne, Thierry Gainié, 49 ans, s’est lancé dans l’audiovisuel aux côtés d’un autre Breton célèbre, Patrick Le Lay, président du conseil d’administration de TF1. En 2000, il participe à la création de TV Breizh, première chaîne régionale française. Passionné par le monde agricole, il imagine une chaîne hertzienne dédiée, puis sur le satellite, avant de faire le choix d’internet, « parce que cela permet de toucher la plupart des agriculteurs ». En septembre dernier, née « latéléagricole.net », basée à Lorient. Son but : proposer aux agriculteurs des reportages au plus près de leurs attentes. « Chacun pourra faire part de ses connaissances, des solutions trouvées à des problèmes spécifiques, partager ses expériences... »

La rédactrice en chef de « lateleagricole.net » ne pouvait être que Bretonne ! À 39 ans, Brittia Guiriec a pris les commandes de la station numérique. Issue d’une famille d’agriculteurs, elle a tôt la fibre littéraire, mais souhaite parfaire son bagage technique. Elle passe un diplôme d’ingénieur, avant d’entrer dans la presse professionnelle agricole. L’avenir passe par une nouvelle communication, estime-telle. « Loin de l’image sympathique, mais passéiste diffusée par J.P. Pernaut, ou de image négative donnée par les autres chaînes généralistes ».


Antoine De BoisMenu : agriculteur libre-penseur


« Il faut quand même que les choses soient dites », clame Antoine de Boismenu. Juriste de formation, il entre tôt dans la sphère agricole, par le CNJA, avant de diriger les Safer pendant quatre ans. En juillet 2006, ce bougnat de Paris est reparti sur ses terres d’enfance, à Valcivières dans le Puy-de-Dôme, pour y produire des fromages avec son frère qu’ils commercialisent en vente directe. « L’agriculture est multiforme, ce n’est pas un vieux truc. Simplement, le côté sclérosé des institutions est inquiétant. Il y a souvent de leur part une incapacité à se projeter dans l’avenir », affirme-t-il. Sur le blog de sa ferme, Antoine de Boismenu joue les trublions, option positif et chaleureux. A voir.


Sébastien Morizot : dynamique de groupe


Jeune P-Dg du groupe Elancia (ancien Panidor Point Chaud), Sébastien Morizot, 33 ans, insuffle une nouvelle énergie à l'entreprise en s'appuyant sur le capital humain. Issu du monde de l’audit et de la gestion de projet, il est à l’origine de la mise en oeuvre d’un plan de formation interne pour assurer lculture d'entreprise et transmission des savoir-faire. « Il faut observer ce qu’il se passe dans d’autres secteurs qui ont dû intégrer une grande technicité et faire preuve de réactivité et de dynamisme, comme l’automobile ou le milieu pharmaceutique », dit-il. « Le bon fonctionnement d’une entreprise repose aussi sur une dynamique de groupe… Le secteur agroalimentaire n’échappe pas à la règle. »


Christian Dufour : brilliant transfuge


Christian Dufour est de celui que l’on remarque, puis que l’on ne quitte plus. Il entre au ministère de l’Agriculture à l’époque d’Hervé Gaymard, avant un passage à la DRAFF du Languedoc. De retour au ministère, on lui confie la mission “animation prospective et stratégie” et devient en mai 2007, le chef du cabinet de Christine Lagarde. Elle ne restera qu’un mois à ce poste, et il partira avec elle. Il occupe désormais le même poste auprès de “sa” ministre, mais cette fois à Bercy, au sein d’un cabinet de... 40 personnes ! Titulaire d’un DUT de génie civil, ce self-made man a intégré la promotion Copernic de l’ENA en 2002 à près de 40 ans. Un maillon précieux entre Bercy et la rue de Varenne.

A suivre…


La rédaction





Mis en ligne le 14-11-2007 - Paru dans Le M.A.G. Cultures N°43   
 
 
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